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15 Mai 2016
Cet article a été rédigé par Marie

 
Kit Harington, la star de Game of Thrones – 11/05/16
 
ARTICLE ORIGINAL
Traduction par Sabrina Snow et Kit Harington France.

 
Cela a été le succès de l’année. Après le choc final de la cinquième saison de Game of Thrones, avec l’assassinat de Jon Snow par des traîtres de la Garde de Nuit et aucune indication par George R.R. Martin (l’auteur de la saga, qui n’a pas encore publié le sixième livre de A Song of Ice and Fire) sur le sort des plus populaires de ses héros, la frénésie spéculative des fans est devenue un phénomène viral. Enfin, le deuxième épisode de la sixième saison a clarifié la situation : Jon Snow est vivant. “Devoir garder le secret absolu pendant si longtemps a été un test redoutable pour comprendre la psychologie de ceux qui tenaient à moi. Ce que j’ai compris, c’est que beaucoup de gens ont avec Jon Snow une connexion beaucoup plus forte que ce que je pensais.”
 
Notre interview, cependant, ne commence pas avec Game of Thrones. Après tout Mr. Harington fait d’autres choses et l’enfermer encore et toujours dans le rôle du bâtard de Winterfell serait irrespectueux. D’autant plus que son nouveau rôle est extrêmement difficile. “Je suis épuisé” commence-t-il, dans une petite salle du Duke of York’s Theater, quelques heures avant de monter sur scène dans l’adaptation dirigée par Jamie Lloyd de Doctor Faustus de Christopher Marlowe. “Pour la pièce, nous nous sommes préparés pendant des mois, maintenant nous avons commencé mais la tension monte et continue d’augmenter, nuit après nuit.” En fait, Kit semble particulièrement dévasté par un puissant rhume, qui, cependant, ne parvient pas à entamer, heureusement, la profondeur et la gravité de sa voix. Avec sa célèbre crinière de Jon Snow (qui, selon la légende, tout le temps du tournage de GOT, n’entre jamais en contact avec du shampoing) tirée en arrière dans une queue de cheval sur le haut de sa tête (“cela aide à se fondre dans la masse, à ne pas être reconnu dans la rue »), et ses lunettes rondes pour davantage d’anonymat, le vrai Kit Harington ressemble plus à un étudiant débraillé qu’au tombeur dont rêvent les filles.
 
Après la London Royal Central School of Speech and Drama, Harington a atterri directement sur scène en 2008 dans “War Horse” au National Theater, mais la carrière théâtrale qu’il avait en tête (“National, Royal Court, Donmar”, les théâtres les plus prestigieux de Londres) a été immédiatement interrompue par le succès mondial de Game of Thrones. Mais même au milieu de l’hystérie collective pour la série d’HBO, il n’y a pas d’interview dans laquelle l’acteur n’a pas réitéré son intention de revenir sur scène. Et nous y voilà, dans une salle ultra cozy avec des fauteuils en velours vert émeraude et des lampes rouges Kartell, en train de manger des aliments sains et d’ouvrir grand les oreilles quand nous lui demandons si Faustus est en quelque sorte une décision stratégique pour repositionner sa carrière. “J’ai fais ce qu’on appelle des choix opportunistes pour ma carrière dans le passé, qui ce sont avérés être des erreurs, je suis terriblement désolé, et je ne recommencerai pas.” Difficile de dire s’il ne se réfère qu’à Pompéi, film catastrophe dans tous les sens du terme de Paul W.S. Anderson, ou également à son Roland Leighton plutôt insipide dans Mémoires de Jeunesse, adapté du roman de Vera Brittain, ou encore au thriller MI-5 Infiltration.
 
Faustus était le meilleur choix que je puisse faire parmi les différentes options qui m’ont été présentées. Un choix instinctif, comme tous ceux que je prévois de faire à l’avenir.” Un choix qui le “terrifie” tous les soirs, “parce que cela peut mal se passer à tout moment”, au point que pour contrer la panique, il a développé toute une série de rituels: “J’embrasse trois fois une croix, j’envoie des baisers aux photos de mes parents accrochées dans ma loge, j’embrasse trois fois la scène.” Nous n’avons pas pu savoir s’il s’agissait ou non de blagues. “Le diagnostic est clair, en me connaissant : je suis un obsessionnel-compulsif” dit-il en riant. “J’ai passé les mois de Janvier et Février à préparer le rôle dans ma tête, ensuite j’ai rencontré le metteur en scène et j’ai du faire table rase de mes idées. Bien que je tienne le premier rôle, la pièce est un travail d’ensemble qui implique tout le casting. La mise en scène est très exigeante, physiquement et vocalement, et beaucoup plus dérangeante que dans la version originale” grâce au remplacement dans la partie centrale originale de Marlowe par un texte contemporain par Colin Teevan. Sur scène il y a des vomissements et du sang, et plusieurs scènes de nu, dont plusieurs frontales, mais pas de Kit, mais il récite un long monologue torse nu (et il peut se le permettre : Harington est impeccablement taillé), et pour un instant abaisse son pantalon dos au public, révélant un derrière à la hauteur de celui de sa doublure (à l’époque il s’était cassé la cheville et ne pouvait pas marcher) dans la scène de sexe avec Ygritte dans la grotte.
 
“Avec Jamie et l’équipe, la relation de travail est très intense. C’est un metteur en scène qui aime expérimenter, donner une idée et voir comment elle se développe grâce à la contribution créative de tous.” Les représentations se termineront le 25 Juin, “et le 26 je m’envolerai à Montréal, pour commencer le tournage de The Death & Life of John F. Donovan, de Xavier Dolan, un réalisateur que j’admire profondément ou plutôt, que je trouve brillant. Il est impossible de ne pas vous impliquer émotionnellement de ses films, Laurence Anyways est un chef-d’œuvre, que j’aime encore plus que Tom à la ferme, personnellement.” Fan des frères Coen, Harington dit trouver dans le travail de Dolan la même caractéristique, celle de faire des films totalement différents les uns des autres tout en possédant un style précis et sans équivoque. Dans le film, il jouera un acteur de série télévisée au sommet de sa gloire (“Xavier est de plus en plus en train de remodeler le rôle pour moi, surtout, sur la perception que le public a de moi”), dont la vie est détruite (et pas seulement dans les médias) par une journaliste, Jessica Chastain, qui rend public, mais de façon déformée, sa correspondance avec un enfant de onze ans.
 
«J’aime le cinéma, bien sûr, mais je ne suis pas de ceux qui regardent beaucoup de films. Je n’aime pas entrer dans l’imagination d’un autre quand je travaille sur mon imagination. Je le vis comme une intrusion, et une surcharge de travail. Je passe déjà beaucoup de temps au travail en ce moment alors quand j’ai quelques heures de libres, elles doivent être seulement à moi. Ce que je fais en dehors du Duke of York’s? Je vais à la salle de sport, je prends des photos, surtout des portraits, en noir et blanc. En fait rien d’exceptionnel.” Ses films préférés sont les documentaires, mais il se hâte de préciser qu’il ne réalisera jamais de films “peut-être en produire, c’est ce que je voudrais.” Pendant un certain temps, il a travaillé avec son meilleur ami Dan West sur deux scénarios, “pour lesquels nous avons déjà décroché la production : ils mettront l’accent sur la “Conspiration des poudres”, de 1605, lorsqu’un groupe de catholiques anglais avait prévu de faire sauter le roi Jacques Ier avec tout son gouvernement à la cérémonie officielle de l’ouverture du Parlement, pour faire stopper la persécution de leurs semblables. C’est un événement qui est commémoré chaque année en Angleterre, et qui n’a étonnamment jamais été adapté dans un film. Il y a dix ans, cela a été interprété à la télévision, plutôt assez bien, mais le potentiel de l’histoire et sa pertinence dans la réalité contemporaine sont immenses : après tout, ce fut la première attaque terroriste avec des bombes de l’histoire. Nous pensons faire une mini-série de quatre épisodes : en plus de produire, j’interpréterai le cerveau du complot, Robert Catesby. Je ne peux pas faire autrement, c’est un de mes ancêtres. L’autre scénario est tiré du Conte des deux cités de Charles Dickens. L’histoire se déroule entre Paris et Londres au cours de la Révolution Française, la pertinence est toujours absolument contemporaine : un monde où 1% des riches a l’équivalent de ce que possède les 99% restants est un monde au bord du précipice, où le conflit est voué à exploser d’une manière dramatique.”
 
En plus de co-signer des scénarios, Harington et Dan West partagent une maison à Islington : “une vraie maison, avec 5 chambres, achetée avec ce que j’ai gagné avec Game of Thrones. Je suis pleinement conscient du privilège que cela représente à 29 ans, lorsque la quasi-totalité de mes pairs sont des Londoniens qui se sentent chanceux d’être propriétaires d’un studio.”
 
Finalement, nous en venons à la série culte. Harington, tenu à des règles strictes, ne nous dit rien sur la suite : il ne sait pas s’il sera dans la septième saison (officiellement la dernière), et n’a pas la moindre idée de qui est sa mère (pour donner une idée de la nature cruciale de la question, la réponse à cette question a permis aux producteurs D.B. Weiss et David Benioff de convaincre l’auteur de la saga George R.R. Martin d’accorder ses droits à la télévision). Nous lui demandons s’il croit que sa façon d’interpréter Jon Snow a en quelque sorte touché, ou pourrait affecter à l’avenir, la vision de George R.R. Martin sur le personnage : “Honnêtement, je ne le pense pas. Son Jon Snow lui appartient, et il ne coïncide pas nécessairement avec le mien.” Travailler avec des réalisateurs différents dans différents épisodes n’a pas été problématique étant donné l’unité stylistique maintenue par les producteurs, mais Harington admet qu’il s’est trouvé particulièrement en phase avec Miguel Sapochnik, qui a dirigé l’épisode de la bataille de Hardhome. Le meilleur souvenir? “Les trois semaines en Islande où nous avons tourné la deuxième saison. Parce que le pays est beau, la lumière du Nord est magique, et parce que c’est là que je suis tombé amoureux (pour les non-initiés, de Rose Leslie, Ygritte dans la série, sa maîtresse chez les Sauvageons). Si vous êtes attiré par une personne et que dans la fiction c’est le cas aussi, il devient facile de tomber amoureux…”