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Bienvenue sur Kit Harington France, votre unique site francophone sur l'acteur Kit Harington que vous connaissez sans doute pour son rôle de Jon Snow dans la série télévisée "Game of Thrones". Vous l'avez aussi certainement vu dans les films "Pompéi", "Mémoires de Jeunesse" et "Brimstone" mais aussi dans la mini-série "Gunpowder" dont il était producteur. Découvrez sur ce site toute son actualité, ses photos et interviews ainsi que les associations qu'il soutient. Retrouvez également toutes les informations sur ses prochains projets comme le film de Xavier Dolan, "The Death and Life of John F. Donovan" et la pièce de théâtre "True West" Bonne visite!
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Il n’y a pas si longtemps, Kit Harington, le sombre et las héros de la série télévisée phénomène Game Of Thrones, a envisagé de quitter le milieu d’acteurs. Il a tourné huit saisons l’ayant épuisé et a passé presque toute sa vingtaine à jouer le rôle de Jon Snow, qui, dans l’épisode final de la série, doit tuer Daenerys Targaryen, la femme qu’il aime, car devenue tyrannique, diabolique et pensant normal de brûler des milliers d’innocents à l’aide de ses impressionnants dragons.

Harington a fait couler quelques larmes lors de la lecture du script. « J’ai beaucoup pleuré durant la dernière saison, juste par pure fatigue », dit-il. « Mais je me sentais assez ému ce jour-là. Je pense que c’était plus par rapport à Emilia [ Clarke, l’actrice qui joue Daenerys ], plus par rapport aux gens qui m’entourent et au fait que l’histoire se termine. »

Nous parlons dans un studio de photographie situé à Hoxton, le poulet grillé que l’assistant d’Harington lui a pris pour son déjeuner refroidit sur la table basse entre nous. (« Je ne peux pas manger et parler en même temps ») Il a l’air frais et pimpant, juste avec son t-shirt noir, son jean gris retroussé et ses tennis grises. Sa barbe fournie est taillée et ses bouclettes de guerrier ont été coupées.

C’est un peu étrange de rencontrer quelqu’un et d’être surpris de le voir si propre sur lui mais nous sommes plus habitués à voir Harington roulé dans la boue et couvert du sang de Westeros, alors cet aspect général de propreté semble assez nouveau, tout comme sa posture gracieuse et décontractée lors de cet entretien. (quelques temps auparavant, il semblait plus stressé et réservé – canalisant un Jon Snow un peu trop dur, peut être).

Il s’avère que Harington, 33 ans, a passé un bon confinement. Lui et sa femme, l’actrice Rose Leslie, qui, en tant qu’interprète de la sauvage Ygritte, a ôté la virginité à l’écran de Harington dans une source thermale dans la troisième saison de Game of Thrones, ont déménagé de leur maison du nord de Londres pour se poser dans leur maison du 15e siècle dans Suffolk en mars dernier.

« Je ne me suis pas fixé l’objectif d’écrire le prochain roman à succès ou d’apprendre à jouer d’un instrument, et d’échouer », dit-il. « Je me suis permis une pause dès le début du confinement. J’en ai profité pour réfléchir, me recentrer sur moi-même, et pour la plupart des choses, je m’en suis bien sorti. »

J’ai fait beaucoup de jardinage, dit-il, j’ai lu des livres et j’ai fais du sport. Parfois, Leslie et lui s’habillaient en tenue de gala pour dîner, juste pour ajouter du piment à leur existence, et c’est même elle qui lui a coupé les cheveux.

Ils en sont même venus à interpréter des sketches de comédie impromptus l’un pour l’autre. « Nous allions et venons dans la maison en jouant des scènes et en imitant des accents. Deux acteurs ensemble, cela finit par des performances pour un public invisible. »

Il n’a pas pu tourner pendant le confinement, mais a pu digérer l’intensité de ses dernières années passées, au cours desquelles les saisons de Game of Thrones ont été entrecoupées de tournages de films comme Pompeii, Spooks et Testament of Youth, et de rôles de théâtre incluant Doctor Fustus ; sa renommée grimpant de plus en plus du débutant de l’école théâtre à la célébrité mondiale.

« Il a été intéressant de traverser cette période de confinement, me remettant de la série, ne sachant plus si je voulais ou non continuer à être acteur, et d’un autre côté, vivre avec une actrice. Je me suis rendu compte que cela me manquait, ce que je faisais me manquait. C’est une belle révélation. »

Harington a grandi à Acton dans l’ouest de Londres jusqu’à l’âge de 11 ans, avant que sa famille déménage dans le Worcestershire. Son père, David, était un homme d’affaires et sa mère, Deborah, était dramaturge, professeur d’écriture créative et maintenant artiste.

« J’ai idolâtré ma mère » dit-il. « Je la suivais à travers la maison. C’est grâce à elle que j’ai voulu être acteur. Elle avait pour habitude de nous emmener au théâtre au moins deux fois par semaine. » Mais Deborah Harington n’a pas seulement appris à ses fils (Harington a un grand frère, Jack, qui vit à Dubaï) sur la magie transformatrice de la scène, elle leur a également appris l’égalité des genres.

« J’ai demandé un Mighty Max et elle m’a acheté une Polly Pocket. J’ai demandé un Action Man et j’ai eu une poupée – c’était très clair dès le départ. Et je m’y suis fait facilement. » dit Harington. A ce jour, la masculinité et les « traumatismes masculins » sont les thèmes qui l’intéresse pour explorer d’autant plus son travail.

« J’ai le sentiment que les hommes ont un problème émotionnel, un blocage, et ce blocage est apparu lors de la Seconde Guerre Mondiale, transmis du grand-père, au père, puis au fils. On ne parle pas de nos sentiments car cela montre de la fragilité, ce n’est pas masculin de faire ça. Ayant dépeint un homme qui était silencieux, héroïque, ce n’est plus ce que je veux jouer à présent. Ce n’est pas ce genre de rôle que le monde a besoin de voir actuellement. »

Il parle bien sûr de Jon Snow, le rôle qu’il a décroché peu de temps après avoir obtenu son diplôme de la Central School of Speech and Drama, où il a principalement été choisi en tant que garçon « pré-pubère » et a dû se laisser pousser la barbe avant que le public ne l’accepte en tant qu’homme. Snow correspondait à l’archétype jungien du héros – loyal, inébranlable et honnête, un homme qui se bat pour l’opprimé – et en tant que tel, il est devenu la moralité d’un spectacle où régnait en grande partie l’immortalité.

Harington admet qu’il n’est pas « toutes ces choses », en dépit de ce que ses fans imaginent, mais il a tout de même apporté de sa personnalité à son personnage. « une certaine introversion réfléchie ».

« Thrones » comme l’appelle Harington, était une pièce vaste d’ensemble, et malgré le fait que les personnages s’éliminaient successivement dans des bains de sang, des liens étroits entre les acteurs sont nés. « La première saison a été merveilleuse, sa liberté, tout le monde y a passé du bon temps, parce que personne ne savait la répercussion qu’elle allait avoir. Dans la deuxième saison, nous nous sommes soudainement rendus compte que ce que nous faisons fonctionnait et nous savions que nous faisions quelque chose de bien. »

Mais se fut la troisième saison, a-t-il dit, qui a été sa préférée, tourner en Islande et travailler en étroite collaboration avec Leslie. « Elle a cette énergie devant la caméra, elle donne vraiment tout d’elle-même », dit-il. « Je veux dire, j’avoue, je suis tombé fou d’elle, j’étais en train de tomber amoureux, alors elle aurait pu être la pire actrice que je ne l’aurais pas vu… Mais évidemment c’est une brillante actrice et il est très facile de jouer avec elle. »

Il décrit la fin de Thrones comme une sorte de chagrin ou comme la fin d’une relation. « Vous savez ce sentiment d’exaltation que vous ressentez lorsque vous marchez dans la rue et que vous vous rendez compte que vous n’avez pas pensé à votre ex-petite amie depuis un moment, et vous avancez, je pense que je suis en train de m’en remettre. J’en suis à ce stade et je suis vraiment heureux. »

Il n’a même pas de souvenirs de Thrones chez lui dans le Suffolk, pas de tapis en peau d’ours ou de gobelets en étain. « Oh p*tain non, je ne veux pas regarder autour de moi et voir Thrones. Cet endroit est assez médiéval comme ça. Il y a des peintures qui en chaume et en bois, mais c’est du réel, pas du fictif. »

« J’ai un portrait de Lady Harington de 1603 », dit-il. Il a des ancêtres nobles sur les deux branches de l’arbre généalogique, des nobles élisabéthains du côté de son père et des Catesby du côté de sa mère. Harington a joué son ancêtre Robert Catesby, le chef de file catholique récusant de Gunpowder Plot dans la mini-série de la BBC Gunpowder en 2017, créée par sa propre société de production.

« Je n’accorde pas beaucoup d’importance à la lignée familiale, mais c’est plutôt cool de regarder en arrière et de découvrir des histoires sur ces personnes. Il est déçu que le confinement l’ai empêché de faire un épisode prévu de My Grandparents’ War, la série documentaire de Channel 4 dans laquelle les célébrités en apprennent davantage sur les exploits de guerre de leurs proches, même si l’on espère que le tournage reprendra.

Les projets que Harington a réussi à mener à bien incluent une apparition en guest-star dans un épisode du drame policier dirigé par David Tennant, Criminal pour Netflix, et le rôle d’un personnage appelé Dane Whitman dans le nouveau film Marvel, The Eternals.

D’après mes investigations, Whitman est un descendant d’un chevalier arthurien appelé Sir Percy of Scandia. Il monte un cheval appelé Aragorn et manie une lame appelée Black Ebony. Malheureusement, Harington ne peut ni confirmer ni nier aucune de ces informations. Il ne peut même pas me dire s’il peut porter une tenue de super-héros cool. « J’ai perdu le compte du nombre de NDA que j’ai dû signer », dit-il.

Il peut cependant me parler de ses autres tenues cool, dont beaucoup sont de sa marque préférée, Saint Laurent : « J’adore les vêtements que la marque confectionne. Ils me conviennent bien, pas trop voyants, très classiques, ajustés et élégants. »

L’élégance est maintenue par un régime de course à pied, de yoga et d’entraînement. « J’ai besoin de rester en forme, j’ai un cerveau hyperactif, je dois faire quelque chose le matin pour faire fonctionner les endorphines. » Il a essayé de méditer, mais dit qu’il n’y est pas très doué. « Je ne suis pas une personne très détendue, en toute honnêteté, je suis un peu hyperactif, je ne peux pas rester assis très longtemps. Je bouge d’un endroit à l’autre. Ma relaxation c’est le mouvement. »

Une autre façon pour lui de se vider le cerveau est d’écrire de la poésie : « De la mauvaise poésie – c’est plus une façon de sortir des choses de ma tête ». Ces stratégies fonctionnent, cependant, et il dit qu’il se sent « beaucoup plus recentré maintenant, et c’est un sentiment vraiment satisfaisant … cela a pris des années de travail, mais nous faisons tous cela, c’est un processus de croissance. »

Le travail continue. Il dit qu’il est récemment revenu d’une semaine au Pays de Galles : « Je suis allé seul dans cette cabane, juste pour sortir, pour être dans un endroit différent. Je n’avais ni signal, ni Wi-Fi, ni rien, c’était juste moi et un mouton. » Pendant qu’il y était, il a lu The Dispossessed, le chef-d’œuvre de science-fiction de l’une de ses auteurs préférées Ursula Le Guin. « Il y a un passage brillant sur la souffrance, vers le début : j’en ai une photo sur mon téléphone. »

Harington a passé une grande partie de la dernière saison de Game of Thrones à pleurer, mais il semble aller bien mieux maintenant. Je lui demande quand il a pleuré pour la dernière fois. « J’ai pleuré la nuit dernière. Je discutais avec un ami et nous parlions de l’idée que les choses ne restent pas stables, de ne pas pouvoir arrêter le temps. Vous savez, quand vous vous dites : ‘Ce moment est parfait, pourquoi avançons-nous encore ?’ »

Un grand merci à Morgane pour la traduction.