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Bienvenue sur Kit Harington France, votre unique site francophone sur l'acteur Kit Harington que vous connaissez sans doute pour son rôle de Jon Snow dans la série télévisée "Game of Thrones". Vous l'avez aussi certainement vu dans les films "Pompéi", "Mémoires de Jeunesse" et "Brimstone" mais aussi dans la mini-série "Gunpowder" dont il était producteur. Découvrez sur ce site toute son actualité, ses photos et interviews ainsi que les associations qu'il soutient. Retrouvez également toutes les informations sur ses prochains projets comme le film de Xavier Dolan, "The Death and Life of John F. Donovan" et la pièce de théâtre "True West" Bonne visite!
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Kit « Jon Snow » Harington entre épée et poudre à canon – 8/09/15

ARTICLE ORIGINAL, traduction réalisée par Danielle Van Esbroeck

Dans « Mémoires de Jeunesse », un drame britannique en costume, aussi noble qu’un verre de rosé, vous voyez deux étincelants acteurs émergents à l’œuvre. La première est Alicia Vikander, beauté naturelle suédoise de 26 ans (en ce moment aussi à l’affiche de « Man of U.N.C.L.E ») : elle interprète Vera Brittain, femme écrivain anglaise qui, durant la Première Guerre Mondiale en France, travaillât en tant qu’infirmière, et devint par la suite une des féministes anglaises les plus célèbres. Le deuxième est Kit Harington (28 ans) : il est l’amant de Vera, Roland Leighton, poète prometteur qui , en 1914, se jeta dans la Grande Guerre, rempli d’idéaux flamboyants.

La plupart d’entre vous connaissent naturellement mieux le beau Kit en tant que Jon Snow, le courageux membre de la Garde de Nuit au regard triste de la série ‘Game of Thrones’. Et ceux qui n’ont pas encore vu la cinquième saison de cette belle série fantastique de HBO, doivent maintenant s’arrêter de lire, sous peine d’être sérieusement spoilés. Qu’il arrive quelque chose de terrible à Jon Snow à la fin de la cinquième saison n’est en soi pas si surprenant : dans le sanglant ‘Game of Thrones’, il arrive très souvent qu’un personnage principal populaire devienne la victime de décapitation ou poignardage. La question la plus importante est de savoir si Snow reviendra dans la sixième saison à venir ; depuis déjà plusieurs semaines son sort fait le vif objet des sujets de discussion les plus tendances sur les réseaux sociaux. Kit Harington, rencontré récemment à Paris, nous a-t-il grandiosement baladé ou en cache-t-il beaucoup plus ?

HUMO : Difficile à croire que Roland de ‘Mémoires de Jeunesse’ et Jon Snow de ‘Game of Thrones’ aient tous deux été interprétés par vous. Nous ne vous avions presque pas reconnu dans ce costume d’officier repassé et avec votre minois rasé.

Kit Harington : « Et c’est exactement la raison pour laquelle je voulais tellement jouer Roland : j’ai enfin pu déposer cette épée et ce manteau d’hiver. Un jeune poète qui part sur le front en France : je n’avais jamais joué un tel personnage auparavant. Je n’avais même jamais figuré dans un film qui se déroulait avec la Première Guerre Mondiale en toile de fond, ce qui est plutôt inhabituel pour un acteur britannique. ‘Mémoires de Jeunesse’ était donc pour moi une primeur : pour la première fois j’ai pu interpréter un homme qui a réellement existé. Je me suis immédiatement retrouvé devant un grand défi : comment amener un personnage historique à la vie ? »

HUMO : Nous sommes très curieux.

Harington : « Je n’applique pas une méthode de jeu : pour la préparation, je ne me suis donc pas promené en uniforme de la Première Guerre mondiale pendant des mois, et je ne suis pas allé m’asseoir dans une tranchée boueuse, afin de trouver le juste état d’esprit. J’ai à peine effectué des recherches sur la Première Guerre Mondiale : j’ai étudié longuement cette guerre sur les bancs de l’école et dans le temps, je dévorais les poètes de guerre. Dans ma jeunesse j’ai également lu à plusieurs reprises ‘Mémoires de Jeunesse’ (les mémoires de Vera Brittain, livre sur lequel est basé le film). Ce que je me suis effectivement demandé c’est : ‘Qui était Roland en fin de compte ?’ Heureusement il existe un livre, ‘Letters from a Lost Generation’ qui contient les lettres d’amour que Roland et Vera s’écrivirent tous les deux jours. J’avais l’habitude de relire une de ces lettres juste avant de monter sur le plateau. C’était mon petit chemin vers l’âme de Roland. Le plus dur lors des prises, c’est que je devais à nouveau avoir 19 ans. Je devais faire appel au jeune trop confiant, quelque peu vaniteux, que j’étais (rires) »

HUMO : Qu’y a-t-il réellement dans ces lettres de Roland et Vera ? ‘Je me languis d’arracher les vêtements de ton corps et de lécher la poudre à canon sur tes tétons… ‘ 

Harington (rires) : « Non, il y avait plus de galanterie. Il s’agissait de vraies, très romantiques lettres d’amour, pleines de feu et de passion, écrites dans une langue d’une extrême douceur. Et comme de nombreux jeunes de 19 ans ils étaient pleins d’ambition, d’idéaux et de rêves d’avenir. L’amour était pour eux le plus grand bien. L’amour et aussi l’héroïsme. C’est vraiment à cela que j’avais affaire lorsque je lisais leurs lettres. Pauvres trésors, pensais-je, vous ne savez pas quel supplice vous attend. Si Roland était encore en vie aujourd’hui, il aurait peut-être maudit ces idéaux, qui ont chassé ces millions de jeunes vers les tranchées. »

HUMO : Avez-vous pensé à ce que vous-même auriez fait si vous aviez eu 19 ans en 1914 ? Seriez-vous parti sur le front ?

Harington : « J’y ai en effet longuement réfléchi. Et je pense qu’à cet âge et dans cet esprit universel – entraîné à croire en l’héroïsme et la gloire de la patrie – je serais également parti sur le front. Je l’ai aussi constaté lorsque je revêtais le bel uniforme d’officier sur le plateau : je me sentais devenir plus courageux, sexy et inaccessible. Si j’avais revêtu cet uniforme en 1914, je me serais embarqué dans l’horreur des tranchées en sifflant. »

HUMO : « J’ai enfin pu déposer l’épée de Jon Snow », disiez-vous plus tôt. Aviez-vous l’envie de montrer que vous pouvez faire plus ?

Harington : « Oui. Cette envie a commencé à bouillonner l’année dernière. Dans ‘Game of Thrones’ je me trimbale partout avec une épée, et mes personnages dans ‘Le Septième Fils’ et ‘Pompéi’ ne diffèrent finalement pas tellement de Jon Snow. Finalement j’ai dit à mon agent : « Je ne peux pas continuer à interpréter ces personnages de combattants violents. Ce n’est pas la raison pour laquelle je suis devenu acteur. »C’est pour cela que je suis si content des rôles qui émergent cette année. Il y a Roland dans ‘Mémoires de Jeunesse’, ‘MI-5 Infiltration’ est un thriller d’espionnage moderne et avec ‘7 Days in Hell’ j’ai tourné une comédie carrément idiote. J’ai trouvé agréable de pouvoir tremper mes orteils dans d’autres genres. »

HUMO : Jouer dans une série de longue durée comme ‘Game of Thrones’ est-ce une bénédiction ou une malédiction ?

Harington : « Je trouve que c’est une question difficile. Sans ‘Game of Thrones’ je ne serais aujourd’hui pas en mesure de gagner ma vie en tant qu’acteur, et je pourrais encore moins jouer les grands rôles qui me parviennent tranquillement – même si toute la vanité en moi pense parfois autrement. Également : si ’Thrones’ s’était déjà arrêtée après une ou deux saisons, je ne serais peut-être jamais devenu si populaire. C’est donc précisément parce que je suis dans une série de longue durée, que j’ai vu ma popularité augmenter au cours de ces dernières années. En revanche, ‘Thrones’ est énormément lourd physiquement. Ces dernières années, je me suis régulièrement retrouvé au bord de l’épuisement total. Je me suis aussi souvent senti frustré : j’ai dû laisser passer de belles opportunités parce que j’étais lié par contrat à ‘Game of Thrones’. Cette série est donc une épée à double tranchant pour moi : je lui dois beaucoup, mais elle m’absorbe aussi presque entièrement. Bon maintenant, j’essaie de ne pas trop y réfléchir. Le plus important maintenant c’est que je sais précisément combien de temps je suis encore sous contrat, et qu’entre-temps je… »

HUMO : Combien de saisons encore ?

Harington : « Bien essayé (rires). Je ne peux rien dire à ce sujet. Disons que ‘Game of Thrones’ restera encore un moment dans ma vie; quand ce sera fini, je serais peut-être déjà dans la trentaine. Une chose dont je suis sûr : le jour où je ne serais plus dans ‘Thrones’, sera le jour où je m’enterrerais sous des projets de films (rires). »

HUMO : Combien de mois par an êtes-vous finalement sur le plateau de ‘Game of Thrones’ ?

Harington : « Six mois. C’est long, oui. Il reste assez de temps pour faire d’autres choses, mais j’ai, comme dit plus tôt, vu des rôles brillants me passer sous le nez parce que j’étais attendu sur le plateau de ‘Thrones’. Dans ces moments, j’ai vraiment dû me mordre les lèvres. Mais que ce soit clair : j’adore toujours autant ‘Game of Thrones’. Nous nous amusons incroyablement beaucoup sur le plateau, et je profite au maximum de l’attention que je reçois grâce à la série. Ce n’est pas un boulet à mon pied. Vraiment pas. Le meilleur avec une série comme celle-ci, c’est que vous recevez du temps pour développer un personnage sur une plus longue période. Avec Roland dans ‘Mémoires de Jeunesse’ c’était une question de « hit-and-run » : j’ai eu peu de temps pour me l’approprier et le faire naître. Jon Snow par contre est un « slow burner » : vous avez littéralement des années pour apprendre à le connaître. C’est aussi une des raisons pour laquelle j’ai signé précédemment. »

HUMO : En attendant, pouvez-vous jouer Jon Snow les yeux fermés ?

Harington : « Oui. Jon Snow se compose d’une série d’attributs et de manières dans lesquels je peux retomber aveuglément : le manteau, l’épée, la voix, la manière dont il regarde et se tient. Mais là réside aussi le danger : il est tentant de devenir fainéant, et de faire de Jon Snow une sorte de moule, une plaque de moule dans laquelle il suffit de se glisser. Et donc il faut rechercher des façons de le garder frais et intéressant pour soi-même. J’en ai encore parlé avec quelques autres anciens de la série durant le tournage de la cinquième saison. Comment restez-vous frais et alerte ? Jouez-vous par routine, ou faut-il toujours aller plus loin ? Abandonnez-vous votre personnage sur le plateau, ou l’emmenez-vous à la maison ? Vous pourriez aussi avoir la malchance, comme mon cher collègue Alfie Allen (Theon Greyjoy), d’être dans une histoire dans laquelle vous êtes torturé et humilié durant une saison. Une telle chose vous secoue fortement, croyez-moi. »

HUMO : Keira Knightley dit qu’à l’âge de 3 ans, elle savait déjà qu’elle voulait devenir actrice. Qu’en était-il pour vous ?

Harington : « Je l’ai su à mes 16 ans. Durant mon enfance, mes parents m’emmenaient déjà au théâtre. A 12 ans, j’ai été profondément impressionné par « Waiting for Godot » (en attendant Godot, pièce de Samuel Beckett) : il n’y avait que deux acteurs sur scène, la pièce durait plus de 2 heures, et pourtant j’étais complètement captivé. Mais je n’ai vraiment craqué qu’à mes 16 ans, lorsque j’ai vu Ben Whishaw à l’œuvre durant 4 heures, dans une version étonnante d’’Hamlet’ – lorsque je suis sorti, j’ai su que je voulais faire l’école de théâtre. Et c’est là que j’ai vraiment chopé le virus du jeu. Seulement je ne m’étais jamais attendu à vraiment pouvoir gagner ma vie en jouant (rires). Un jour, j’aimerais faire fureur au théâtre. Hollywood n’est de toute façon pas mon but principal. Beaucoup de blockbusters fantastiques, films d’action et séries télé y sont réalisés, mais je préfère garder mon horizon plus ouvert. Je signerais immédiatement pour une carrière comme celle de Benedict Cumberbatch, un acteur qui va et vient en souplesse entre film, télévision, théâtre et radio. »

HUMO : Revenons-en à ‘Game of Thrones’. Allez-vous de temps en temps jeter un œil sur les dizaines de forums internet sur lesquels les irréductibles passionnés discutent de la série ?

Harington : « Je trouve cela formidable que ces sites existent, mais je n’ose personnellement pas y surfer. J’aurais peur que les commentaires ne me blessent ou ne m’influencent trop. Je lis par contre les critiques dans les magazines et journaux. Cela peut parfois faire mal, mais je trouve cela idiot d’ignorer les commentaires. Je veux bien croire que je suis fantastique, comme le disent toujours mes amis et les membres de ma famille, mais comme antidote contre toutes ces flatteries, cela ne fait pas de tort de lire de temps à autre ce qu’un critique cinéma dit sur moi. Il donne au moins honnêtement son avis. »

HUMO : C’est ainsi, ‘Game of Thrones’ est connu parce que parfois un personnage principal meurt dans des circonstances horribles. Le point culminant était dans l’avant-dernier épisode de la troisième saison, lorsque divers personnages favoris ont été massacrés à coups d’épée. Les acteurs restants ont-ils lancé des paris sur qui sera la prochaine victime ?

Harington : « Assez étonnement, non. Il y a bien des collègues qui se le demandent continuellement, ou qui cherchent constamment à savoir auprès de David (Benioff, scénariste et producteur) ce qui va leur arriver : « Dis-moi, David, recevrais-je un couteau dans le dos la prochaine saison ? » (rires) Mais David ne sourcille pas. Auparavant, nous pouvions encore aller regarder dans les livres de George R.R. Martin pour savoir ce qui allait se passer. Mais maintenant nous sommes arrivés au point où la série a rattrapé les livres : à partir de maintenant, tout est vraiment possible. Les spéculations sont ouvertes (rires). »

HUMO : Vous allez en tous cas revenir dans la sixième saison. Vous avez encore les longs cheveux de Jon Snow, alors que les tournages de la cinquième saison sont terminés depuis longtemps. Cela indique que vous serez attendu sur le plateau.

Harington : « Ou peut-être que je suis simplement attaché à ma coupe (rires). »