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Bienvenue sur Kit Harington France, votre unique site francophone sur l'acteur Kit Harington que vous connaissez sans doute pour son rôle de Jon Snow dans la série télévisée "Game of Thrones". Vous l'avez aussi certainement vu dans les films "Pompéi", "Mémoires de Jeunesse" et "Brimstone" mais aussi dans la mini-série "Gunpowder" dont il était producteur. Découvrez sur ce site toute son actualité, ses photos et interviews ainsi que les associations qu'il soutient. Retrouvez également toutes les informations sur ses prochains projets comme le film de Xavier Dolan, "The Death and Life of John F. Donovan" et la pièce de théâtre "True West" Bonne visite!
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L’interview : Kit Harington, l’acteur de Game of Thrones – 29/05/16

ARTICLE ORIGINAL

Ce n’est pas facile de garder des secrets dans le showbusiness, mais Kit Harington semble être plutôt bon pour ça. Pendant quasiment un an, après que le personnage star de Game of Thrones, Jon Snow, ait été transformé en pelote à épingles par les supposés hommes loyaux de la Garde de Nuit, tout ce que tout le monde voulait savoir c’était s’il était vraiment mort. L’information était classée confidentielle – même Barack Obama n’a pas pu avoir la réponse quand il a posé la question à l’un des réalisateurs sur le destin de son personnage préféré. Mais Harington a prouvé qu’il pouvait garder un secret et éloigner les questions des journalistes, de ses amis et des fans avec une succession de courtes réponses. En fait, la seule fois où il semble avoir craqué est quand un policier l’a arrêté pour vitesse excessive. Le flic lui a proposé de ne pas lui mettre d’amende s’il lui disait si Jon Snow était vivant. Harington a vendu la mèche, et le policier l’a laissé partir avec un respectueux « Au revoir, Lord Commander. »

Il y avait un autre secret dans la vie de Harington cette année, celui sur sa relation avec sa co-star Rose Leslie. Le couple s’est formé lorsque la rousse écossaise a joué Ygritte, la petite amie de Jon. Ils étaient ensemble par intermittence, ce qui a prolongé les spéculations sur le fait qu’ils soient ou non ensemble. Tout a maintenant été dévoilé. Jon Snow est vivant, ressuscité par Mélisandre. Et, au grand bonheur des paparazzis, Kit et Rose sont bien ensemble, se donnant la main sur les tapis rouges.

Et Harington est enfin autorisé à parler. Il a décrit le « formidable test » de garder le secret sur Snow, et a sorti une vidéo pour s’excuser auprès des fans. « Je suis content que les gens étaient énervés » dit-il. « Ma plus grande peur était que les gens s’en moquent que Jon Snow soit mort ». Il se confie aussi sur Leslie, se souvenant qu’ils sont tombés amoureux lors du tournage de Thrones en Islande, sous les lumières « magiques » du Nord. « Si vous êtes déjà attiré par quelqu’un, et qu’ensuite vous jouez avec cette personne, cela devient facile de tomber amoureux » dit-il.

Harington est peut être autorisé à reparler librement, mais nous ne nous attendons pas à un exubérant torrent de révélations. Devenir célèbre, y compris par les photographes qui se cachent dans les buissons, a rendu l’homme de 29 ans plus que méfiant des projecteurs. « Au début de ma carrière, je cherchais cela » dit-il lorsque nous nous rencontrons. « Je ne pense pas que j’étais une personne privée, mais j’ai réalisé qu’il était très difficile d’être moi-même lorsque je venais de rencontrer quelqu’un. Vous rencontrez beaucoup de gens qui pensent vous connaître, et je ne sais pas comment me comporter avec ce genre de personnes … Je trouve cela un peu bizarre. »

En dehors des plateaux, Harington est ce à quoi vous pourriez vous attendre : bourru, mélancolique, élégant et exaspérant de beauté. Si Jon Snow était allé à l’école dramatique au lieu d’apprendre à tuer des sauvageons, cela aurait été Kit Harington. Il a l’élégance d’un acteur, pas la menace d’un guerrier, même s’il jure et fume comme un pompier.

Nous nous rencontrons pour une interview, non pas pour promouvoir un blockbuster, mais parce qu’il souhaite parler de son cousin et ami Laurent, qui souffre de sévères troubles de l’apprentissage, qui vit dans un établissement spécialisé et qui est assisté par l’association Mencap. A l’écran, Harington a presque toujours joué des guerriers romantiques. Son secret est qu’il interprète ces rôles d’action avec un peu d’âme. Ses yeux marrons tristes et sa voix rauque suggère un héros en arrière-plan, un guerrier avec un côté sensible. C’est vrai aussi en dehors de l’écran. Il a une aura calme et mesurée qui mettent les gens autour de lui à l’aise, surtout Laurent, dont l’autisme et le syndrome de Down peuvent rendre la vie difficile à sa famille.

Né à 2 ans d’écart, lui et Laurent ont grandi ensemble, parmi une bande de 5 cousins, incluant Jack le frère de Harington. Mais Laurent était toujours un peu différent. « Je ne peux pas vraiment identifier le moment où j’ai pris conscience du syndrome de Down de Laurent » dit Harington. « Mais quand j’étais jeune c’était une fierté : mon cousin a le syndrome de Down. » Il ressent toujours cette fierté aujourd’hui. Grâce à Laurent, Harington est devenu ambassadeur de Mencap, et il partage les préoccupations de l’association sur les effets de la réduction des dons pour des personnes comme son cousin, dont la vie sociale est basée sur des activités et clubs financés.

Il partage un moment avec Laurent aussi souvent qu’il le peut, en l’emmenant à des cours de Zumba ou à la piscine. « Il adore nager » dit Harington, « ce qui est dangereux : il nage comme un poisson, mais peut vous couler. » Les deux deviennent parfois irritables à cause les bonnes mais condescendantes intentions des gens envers Laurent. « La chose qui nous agace Laurent et moi c’est la compassion des gens » dit-il. « S’il est traité comme un enfant, il répondra tout de suite. Vous recevrez un regard noir, qu’il n’a pas d’habitude. » Les voir ensemble est attachant. Durant notre entretien avec lui, nous n’avons pas trop pu échanger avec Laurent, mais nous avons pu observer le rapport qu’il partage avec son cousin. Ils se bagarrent dans le canapé et passent en revue les vidéos YouTube des chansons préférés de Laurent. Laurent a passé la grande partie du photoshoot collé à Harington.

« Vous vous trompez si vous pensez que Laurent ne comprend pas la situation » dit Harington. « Il sait que c’est un photoshoot, il sait que je suis acteur, donc il veut me faire passer pour un idiot. » Laurent emporte partout avec lui un scrapbook, rempli de ses choses favorites, le plus souvent en rapport avec les films Disney. « Il ne le lâchera pas tant que vous ne lui trouverez pas autre chose. Une fois au centre commercial de Westfield, nous l’avions totalement perdu. On a dû appeler sa mère, qui était là ‘Oh non, alerte rouge !’ » Ces deux-là ont toujours été proches, mais avec la vie très occupée de Harington, dans laquelle il communique constamment avec des personnes qu’il ne connait pas, les qualités de Laurent sont devenues encore plus apparentes. « Je me sens chanceux de connaître Laurent, de connaître quelqu’un avec le syndrome de Down » dit-il. « Il est incroyablement plein d’empathie, son intelligence émotionnelle est extrêmement juste. A de nombreuses occasions quand je suis un peu triste, personne à part Laurent ne le remarque. Il vient et s’assoit à côté de vous, et vous fait un énorme câlin. Il a du temps que les autres n’ont pas. J’ai beaucoup d’admiration pour lui. »

Tout comme Jon Snow, Harington n’est pas des plus bavards. « Être avec Laurent me permet, de manière égoïste, de ne pas avoir à communiquer » dit-il, « De ne pas avoir à parler. Vous pouvez avoir une conversation émotionnelle avec lui, même si bien sûr parfois il n’est pas d’humeur et vous dira juste ‘Va-t’en, je regarde un film.’ ». Faire avec le syndrome de Down de Laurent est une seconde nature pour Harington maintenant, mais c’est toujours difficile parfois. « Ce qui continue à être dur c’est de le voir triste » dit-il. « En particulier pendant son adolescence, il voulait être comme tous les adolescents. Il avait de grands changements d’humeur mais il n’arrivait pas à communiquer ce qu’il ressentait, la solitude qu’il ressentait. Il pleurait et se sentait déprimé. Avec un autre adolescent vous trouvez un autre moyen. C’était dur et ça l’est toujours. »

Harington s’applique à insister sur le fait qu’il ne déteste pas sa célébrité et son succès, et qu’il ne les prend pas pour acquis. Il admet être narcissique et ne pas vouloir « jouer dans une boîte » sans recevoir de reconnaissance pour son travail. Mais il revient de nouveau rapidement sur ses « difficultés avec la célébrité » quand nous abordons le sujet des téléphones portables, qui le rendent furieux. « C’est juste un cauchemar. Être sous les yeux du public est à mi-chemin entre les extrêmes de la vie humaine. C’est vraiment plaisant quand les gens sont sympa, et ensuite les gens attendent des choses de vous qu’ils n’attendraient pas de quelqu’un d’autre. » Il pense qu’il devrait y avoir des règles avec les téléphones et, comme le chanteur Justin Bieber, il commence à refuser les demandes de selfies. « Il y a vraiment une très mauvaise de culture de prendre des photos de n’importe qui sans permission. Tout le monde pense être journaliste. »

Le phénomène mondial qu’est Game of Thrones a lancé beaucoup de carrières, mais Harington a longtemps été sur la top liste d’attente, ses faux airs enfantins et ses prouesses de comédien attirent désormais les intérêts de Hollywood. Il a étudié à la Royal Central School of Speech and Drama à Londres et il a percé grâce à la version théâtrale de War Horse, puis avec son rôle dans Posh, une pièce à grand succès de Laura Wade. Avec un baronnet pour oncle et un affiliation directe avec Charles II, Harington a lui-même de sérieuses connections bourgeoises, de même que sa petite amie, Rose, la fille d’un leader de clan écossais qui a grandit dans un château. Son enfance n’a pas été qu’école privée et polo, cependant, il a été à l’école publique et a passé la plupart de ses jeunes années à Worcester. Son père avait une entreprise qui organisait des salons professionnels, et sa mère écrivait des pièces de théâtre et enseignait l’écriture.

Harington a de bonnes qualifications en comédie, mais sa carrière en dehors de Thrones a connu des hauts et des bas jusqu’à maintenant : une bancale adaptation de la série télévisée Spooks, Pompéi, un film épées-et-sandales légèrement absurde et une émouvante performance dans Mémoires de Jeunesse, un biopic sur Vera Brittain. Il y a beaucoup à venir, il joue dans Faustus sur la scène londonienne et doit tenir le premier rôle dans The Death and Life of John F. Donovan l’année prochaine aux côtés de Susan Sarandon et Jessica Chastain, mais Harington pense que sa célébrité pourrait avoir atteint son sommet. Nous aurions tendance à ne pas être d’accord, mais ce qui est intéressant c’est qu’il serait assez plaisant qu’il est tort. « Je ne veux pas être perçu comme ingrat, je suis chanceux » dit-il. « Mais je ne peux pas dire que j’aime avoir autant d’attention pendant longtemps. On ne peut pas choisir quand on en reçoit. »

Game of Thrones a pris le contrôle de sa vie et de sa carrière, mais Harington dit qu’il attend de revenir à des rôles qui le « testerons ». Il a informé son « équipe » qu’il ne voulait plus être catalogué comme beau gosse à l’épée. Il en a marre des questions incessantes sur ses cheveux, ses tablettes de chocolat ou sa vie sentimentale et pense qu’il est temps que le sexisme envers les hommes dans les films soit reconnu. « Je pense qu’il y a un double standard. Si vous dites à une fille ‘Aimes-tu que l’on t’appelles poupée ?’ et qu’elle répond ‘Non, pas vraiment », elle a absolument raison. J’aime à penser que je suis plus d’une tête avec des cheveux ou une série de regards. C’est dévalorisant. Oui dans un certain sens vous pourrez dire que j’ai été engagé pour un regard. Mais il y a un sexisme envers les hommes. Il y a clairement un sexisme dans cette industrie envers les femmes, et aussi envers les hommes. A certains moments pendant les photoshoots quand on me demande de me déshabiller, c’est ce que je ressens. Si je ressens que l’on m’embauche juste pour mes regards, j’arrêterai. »

C’est difficile de ne pas respecter Harington, pour ses opinions mesurés mais soutenus et pour son évidente dévotion à son cousin Laurent. Nous aimerions aussi l’aimer, mais avec nous il est réservé, laissant seulement échapper une blague étrange de derrière sa façade prudente. Est-il toujours un peu morose ? « Je peux l’être. Mais je suis bien plus jovial que je le suis pendant les interviews ou en public. Je reste sur mes gardes. Il y a beaucoup de moi dans Jon Snow, mais quand je ne joue pas Jon sur le plateau je suis un clown. » Pourtant, il dit qu’il souffre de dépression et qu’il a découvert que la vie d’acteur sur la route peut être « exceptionnellement solitaire », rendant cela « difficile de maintenir des relations ». Il n’a pas de hobbies particuliers, en dehors de la lecture, regarder des films et écrire des scripts avec son colocataire. Tout cela ressemble tout de même à du travail. « J’aimerais beaucoup avoir plus de hobbies » dit-il. « C’est une part de ma vie qui me manque. A chaque fois que j’essaye un hobby et que je le ramène sur le tournage, j’ai l’air d’un idiot avec un ukulélé. » Faire du sport est difficile car il ne veut pas risquer de se blesser de nouveau, plus tôt dans sa carrière dans Thrones il s’est cassé la cheville et a dû avoir recourt à une doublure. « J’étais saoul et j’ai escaladé la fenêtre de ma chambre, stupide idée, stupide idée », il secoue sa tête tristement.

Il est clairement de retour dans la série désormais, même si son personnage semble plus calme et assagi depuis sa trahison et son meurtre. Mais maintenant que la série marathon, dont le tournage a commencé en 2010, approche de la fin, nous nous demandons s’il regrette le temps que cela lui a demandé. « Il y a eu des frustrations que cela me prenne 6 mois par an » dit-il. « Mais je n’ai jamais souhaité que Thrones s’arrête. C’est une grande et importante partie de ma vingtaine. » Harington dit qu’il est « dans une situation très chanceuse en ce qui concerne l’argent », il vit dans le Nord de Londres dans ce qu’il appelle « la maison que Thrones a construit ». « Sans cela, je n’aurais pas eu la moitié des incroyables opportunités que j’ai eu. Cela me suivra toute ma vie, et je l’aimerai toujours de tout mon cœur. »

Alors que nous le suivons dehors pour une de ses nombreuses pauses cigarettes, sous un après-midi pluvieux de Londres, nous nous demandons s’il pourrait être tenté par le soleil et les fortunes de Hollywood. « Mon dieu, non » répond-il. « Je ne cherche pas à aller aux Oscars. Je ne suis pas habité par l’envie de devenir la plus grande star du monde. » Après réflexion, il est sûrement plus taillé pour les après-midi pluvieux de Londres que pour la vie à Malibu beach, et il préférerait passer son temps à emmener Laurent au magasin Disney qu’à aller faire la fête au Chateau Marmont. Si nous avons bien jugé Kit Harington, il prendra cela pour un compliment.

Pour en savoir plus sur les troubles de l’apprentissage et découvrir pourquoi Kit Harington supporte Mencap, et pour faire un don à l’association, rendez-vous sur donate.mencap.org.uk/kitformencap